Un statut de protection bafoué
Jusqu’en 2025, le loup était juridiquement « strictement protégé » en Europe. Depuis, son statut a été déclassé et il n’est plus désormais que « protégé » par la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel en Europe de 1979, dont les dispositions sont reprises par la directive européenne du 21 mai 1992 dite « Habitats ».
En France, ce déclassement s’est traduit en 2026 par plusieurs reculs désastreux pour l’espèce : celle-ci a été supprimée de la liste des mammifères protégés, le plafond de « destruction » des loups a été relevé à 21 % de la population estimée (avec la possibilité d’y ajouter 2 % supplémentaires si le plafond est atteint « trop tôt » dans l’année), permettant donc d’abattre chaque année plus d’un cinquième des individus présents sur le territoire, et la règlementation a été assouplie pour faciliter le tir des loups.
Ces tirs prétendent permettre de diminuer les dommages causés par les loups sur les troupeaux domestiques, mais leur efficacité n’est démontrée ni scientifiquement ni sur le terrain ! Ces tirs seraient même contre-productifs : ils peuvent entraîner une désorganisation de la meute, et ainsi favoriser les déprédations sur le cheptel domestique, tandis que dans les zones d’expansion, les loups solitaires abattus sont rapidement remplacés. Ces abattages inutiles mettent en péril une espèce faisant partie à part entière de notre patrimoine naturel, dont les populations sont encore trop fragiles pour assurer sa survie sur le long terme, alors même que la France est tenue d’assurer son « état de conservation favorable » comme l’a rappelé le Conseil d’État saisi par l’ASPAS et FERUS en 2025. Des moyens de protection efficaces et éprouvés, comme la présence de bergers, de chiens de gardiennage ou le rassemblement nocturne des animaux domestiques existent pourtant, mais sont trop peu encouragés par le gouvernement français : celui-ci persiste à déployer, face aux pressions des lobbies agricoles, une politique de gestion irresponsable et inadaptée, tant aux enjeux éthiques et écologiques de notre époque, qu’aux besoins et attentes du monde pastoral.

Parce que juridiquement une espèce protégée ne peut pas être « régulée », parce que concrètement les fusils ne permettront pas de faire cesser les dommages, parce que, logiquement, seul le développement de véritables solutions de protection des troupeaux permettront une réelle cohabitation entre cet acteur essentiel de la biodiversité et les activités d’élevage, le service juridique de l’ASPAS œuvre depuis plusieurs décennies à faire respecter l’engagement qu’a pris la France en matière de protection et de respect de la vie sauvage.
L’ASPAS demande officiellement la fin de la politique des tirs létaux et l’application d’une réelle protection des loups. Elle demande également que soit développée une véritable ingénierie de protection permettant la cohabitation entre ce grand prédateur et les activités humaines, et la sanction de la mauvaise mise en œuvre des moyens de protection des troupeaux.
Et, puisque l’union fait la force, l’ASPAS s’est activement engagée au sein de CAP Loup, un collectif créé en 2014 qui regroupe plus de 40 associations.
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