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La justice vient au secours des loups en dispersion !
Savoureuse victoire que viennent d'obtenir l'ASPAS et FERUS pour les loups : dans une décision du 12 décembre 2025, le Conseil d'État estime que le tribunal administratif de Pau, saisi au printemps dernier par nos associations, aurait bel et bien dû suspendre les tirs de défense accordés à un éleveur des Hautes-Pyrénées, l'espèce Canis Lupus étant très rare dans ce territoire. Il est à espérer que cette jurisprudence, très encourageante, profite aux loups esseulés dans d'autres départements !
Le 29 avril 2025, le préfet des Hautes-Pyrénées avait accordé au président du groupement pastoral de Saint-Pé-de-Bigorre l'autorisation de tirer sur des loups pour assurer la protection de son troupeau. Au vu de l'incidence dramatique que ces tirs auraient pu avoir sur la conservation de l'espèce à l'échelle locale, l'ASPAS et FERUS avaient saisi le tribunal administratif de Pau, mais pour le juge des référés, il n'y avait aucune urgence à suspendre l'arrêté.
Non satisfaits de cette décision et bien déterminées à faire avancer la cause des loups devant les tribunaux, nos associations ont décidé de porter l'affaire en cassation.
Pour le Conseil d'État, qui a rendu sa décision le 12 décembre 2025, l'arrêté préfectoral était bien litigieux au regard, d'une part, de la « très faible densité » et la « grande fragilité démographique de la population lupine dans la région des Pyrénées occidentales« et, d'autre part, au regard des « conséquences susceptibles de résulter de la destruction de ce spécimen sur l'aire de répartition naturelle de cette espèce ».
Dans un contexte très noir pour les loups à l'échelle européenne, cette décision de la plus haute juridiction administrative française est à marquer d'une pierre blanche.
Certes, elle n'empêchera probablement pas le gouvernement de retirer Canis Lupus de la liste des mammifères protégés, comme il prévoit de le faire à partir du 1er janvier 2026, ni d'assouplir encore davantage les possibilités de tirer sur l'espèce, dont les effectifs stagnent de façon inquiétante depuis 2023 autour de 1000 individus.
Mais en insistant sur la nécessité de garantir le bon état de conservation de Canis Lupus à l'échelle locale, les juges donnent à nos associations un argument de poids pour mieux défendre les loups dans tous ces "nouveaux" territoires que les prédateurs sont naturellement amenés à recoloniser, après que leur population y a été exterminée au siècle dernier.
Malgré un contexte politique très défavorable aux loups et à la biodiversité dans son ensemble, il y a de vraies raisons d'espérer. Depuis le retour spontané du loup en France il y a 35 ans, via les Alpes italiennes, tout a été fait pour cantonner le prédateur dans l'arc alpin et l'empêcher de s'installer durablement ailleurs en France, privant bien des régions d'un régulateur naturel de sangliers et de cervidés. Mais désormais, grâce à cette nouvelle jurisprudence, tout tir létal autorisé dans les zones d'expansion du loup – où des meutes ne sont pas durablement installées – court le risque d'être considéré comme illégal. Dans les départements de dispersion du loup, où il n'y a qu'un nombre très restreint d'individus, les préfets auront donc tout intérêt à encourager les mesures de protection non létales plutôt que de tirer sur le premier loup venu.
Comptez en tout cas sur l'ASPAS pour surveiller, et contester s'il le faut, tout arrêté local abusif qui ne tiendrait pas compte du risque porté à l'état de conservation de la population de loups dans son aire de répartition naturelle !
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Photo d’en-tête © EyeEM