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Victoire contre des destructions de renards et de blaireaux en Ariège !
Entre le 14 avril et le 14 mai 2026, le préfet a autorisé deux louvetiers à abattre un nombre illimité de renards et de blaireaux sur les communes de Malléon et de Ségura, en Ariège. Grâce au signalement d'une habitante, l'ASPAS et le Comité écologique ariégeois ont déposé un recours en urgence devant la justice pour faire suspendre ces tueries totalement injustifiées.
Datée du 6 mai, la décision rendue par le tribunal administratif de Toulouse nous est largement favorable : non seulement aucun élément n'a été fourni pour démontrer quelconque dommage agricole lié aux blaireaux, mais la préfecture ne fait état que de deux fiches de dégâts imputés aux renards pour un montant total de… 160 euros. Dégâts, qui plus est, concernent des particuliers et non des éleveurs professionnels.
Le juge a par ailleurs retenu plusieurs de nos arguments sur la biologie et le rôle écologique des espèces visées, à savoir : l'atteinte à la reproduction des blaireaux "en pleine période de dépendance des juvéniles aux adultes", et "l'intérêt majeur" de maintenir la population de renards "pour l'équilibre des écosystèmes", ce qui est très positif pour la défense de cette espèce toujours injustement considérée par l'Etat comme "nuisible" !
En permettant aux louvetiers de tuer un nombre illimité de renards et de blaireaux sur l'ensemble du territoire des deux communes, y compris au sein des réserves de chasse et de faune sauvage (des espaces de quiétude où les animaux, en théorie, ne sont pas chassés…), le juge reconnaît en outre que l'arrêté porte "une atteinte grave et immédiate aux intérêts défendus par [nos] associations".
Enfin, il est rassurant de constater que le tribunal a retenu "la condition d'urgence" de notre action, malgré le fait que nous l'ayons engagée 3 semaines après le début des opérations de destruction ; en cela, il invalide l'argument du préfet qui appelait au rejet de notre référé sous prétexte que l'arrêté arrivant à son terme dans quelques jours, l'urgence de le contester ne serait plus d'actualité … !
Seul regret pour l'ASPAS : le tribunal n'a pas jugé nécessaire l'organisation d'une consultation publique en marge de cet arrêté, compte tenu de son champ d'application restreint dans le temps (un mois) et l'espace (deux communes). Or les consultations publiques sont justement des moyens très importants pour nos associations d'être informées des décisions abusives concernant des destructions d'animaux ou des atteintes à leurs territoires…
Sans consultation publique, nous avons donc plus que jamais besoin de la mobilisation des citoyens, localement, pour prendre connaissance de toute battue abusive ou décision néfaste pour l'environnement. Dans le cas de cet arrêté en Ariège, c'est précisément grâce à l'alerte faite au Comité écologique ariégeois par une habitante de la commune de Ségura que nous avons pu tenter cette action commune. Sans elle, nous n'aurions peut-être rien su de ces tueries !
Pour alerter l'ASPAS, écrivez en priorité à votre délégation ASPAS locale – si elle existe – et le cas échéant écrivez à communication@aspas-nature.org
Justice pour les renards : l'État faillit, l'ASPAS agit !
Chasse, piégeage, déterrage… Déjà persécuté 12 mois sur 12, le renard subit également les battues administratives qui peuvent être autorisées par les préfets à tout moment de l'année. Un acharnement totalement inacceptable contre lequel l'ASPAS se bat avec succès depuis des décennies : grâce à nos très nombreuses victoires en justice, de moins en moins de préfets se risquent aujourd'hui à prendre des arrêtés qui ne sont pas dûment justifiés.
Aujourd'hui, nous décidons d'aller encore plus loin. Le 8 avril 2026, nous avons engagé une procédure juridique inédite pour demander à l'État de revoir sa politique de gestion des renards et mettre fin à un système aujourd'hui largement contesté.
Chaque année, en France, on estime à 600 000 le nombre de renards tués par la chasse, le piégeage, le déterrage et les battues administratives. Il est urgent d'obtenir une refonte de la réglementation pour faire cesser ce massacre légal !
Photo d’en-tête © F. Cahez
