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Chasse suspendue pour 7 oiseaux menacés en Guadeloupe !  

Le 3 août 2026, grâce à un recours porté par l’ASPAS, la LPO et plusieurs associations locales*, le tribunal administratif de la Guadeloupe a suspendu l’arrêté préfectoral du 16 juillet qui autorisait la chasse de plusieurs espèces d’oiseaux dans le département entre juillet 2026 et janvier 2027. 

Confortées par une belle série de victoires similaires obtenues ces dernières années dans les Antilles, nos associations ont demandé la suspension des arrêtés préfectoraux des 8 et 16 juillet 2026 qui fixaient les dates et conditions de chasse de plusieurs espèces d’oiseaux en Guadeloupe et la collectivité de Saint-Martin, à savoir : le pigeon à cou rouge, la colombe à croissants, le pluvier bronzé, le bécasseau à poitrine cendrée, le bécasseau à échasses, le chevalier semi-palmé et le chevalier à pattes jaunes.  

Nous soutenions que ces arrêtés autorisaient la chasse d’espèces en période de reproduction ou dont l’état de conservation est insuffisamment connu ou en déclin, ce qui portait un préjudice grave et immédiat à la protection de la faune sauvage. 

Le préfet de la Guadeloupe avait contesté la recevabilité de la requête, arguant notamment que l’arrêté du 8 juillet avait été abrogé par celui du 16 juillet 2026. Mais le tribunal a constaté que l’arrêté du 16 juillet n’était en réalité qu’une modification matérielle de l’arrêté du 8 juillet, sans l’abroger complètement, ce qui a justifié de diriger la suspension contre l’arrêté du 16 juillet 2026. 

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Pour le juge, l’urgence était caractérisée, notamment en raison du statut de conservation des espèces concernées et des risques liés à la chasse en période de reproduction. 

Il a aussi estimé qu’il existait un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté, notamment parce que le préfet aurait méconnu le principe de précaution (article 5 de la Charte de l’environnement) en autorisant la chasse d’espèces dont l’état de conservation est insuffisant ou en déclin, et en ne prenant pas des mesures proportionnées pour prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l’environnement.  

Plus précisément, le pigeon à cou rouge est classé dans la catégorie « données insuffisantes » de la liste rouge des espèces menacées en Guadeloupe, et la colombe à croissants est susceptible de se reproduire pendant la période de chasse autorisée. Quant aux 5 limicoles dont nous demandions la suspension de la chasse, leur déclin constaté ces dernières années est important (recul de 52% en Guadeloupe), ce qui renforce le doute sérieux sur la légalité de l’arrêté. 

En conséquence, le tribunal a ordonné la suspension de l’arrêté du 16 juillet 2026 en ce qu’il autorise la chasse du pigeon à cou rouge, de la colombe à croissants et des 5 limicoles cités pendant les périodes concernées. 

Le tribunal a en outre condamné l’État à verser aux associations requérantes une somme globale de 2 000 euros au titre des frais exposés. 

* l’Association pour la sauvegarde et la réhabilitation de la faune des Antilles (ASFA), l’Association To-ti-Jon, l’Association des mateurs amicaux des z’oiseaux et de la nature aux Antilles (AMAZONA) et l’Association pour l’étude et la protection de la vie sauvage dans les petites Antilles (AEVA)

Photo d’en-tête : © P. Wilson