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Indre-et-Loire : la justice suspend le plan de chasse triennal des blaireaux !

Jusqu'à 700 animaux pouvaient être tués chaque année jusqu'en 2029, notamment par déterrage dès le 15 mai… Heureusement, grâce à une action menée par l'ASPAS, AVES et One Voice, le plan de chasse cauchemardesque du préfet de l'Indre-et-Loire a été suspendu le 22 juillet 2026 par le tribunal administratif d'Orléans ! 

Gestion durable de l'espèce, quota de prélèvement proposé à la baisse par rapport aux tableaux de chasse réalisés, expérimentation de méthodes alternatives à la destruction, relâcher des blaireautins non sevrés, projet (soi-disant) validé avec la LPO locale… La préfecture d'Indre-et-Loire avait mis les formes, dans son projet soumis à consultation publique, pour tenter de faire accepter son plan de gestion triennal des blaireaux et s'éviter un nouveau contentieux avec nos associations.  

De quoi nous rendre très suspects, sachant pertinemment bien que dans ce genre de dossier, ce sont souvent les chasseurs qui tirent les ficelles… De fait, il a suffi de lire en détail les différents documents mis à disposition du public pour se rendre compte de la supercherie : le seul véritable objectif de ce projet était de trouver la parade face à nos associations pour permettre aux chasseurs de pratiquer tranquillement leur funeste passion, dès le 15 mai, chaque année ! 

En cherchant plus de détails sur les mesures alternatives proposées, par exemple, on se rend bien compte qu'elles ne sont en aucun cas pensées pour le bien des blaireaux : ces mesures sont déployées, soit dans les "sites protégés" où le déterrage est déjà interdit, soit dans les zones compliquées ou impossibles à déterrer : voies vertes, caves ou autres sous-sols dangereux… pour les chiens !  

Quant aux méthodes et périodes d'abattages possibles, le préfet offre aux chasseurs tout ce qu'il est légalement possible de leur offrir : chasse à tir et déterrage pendant la période ordinaire de chasse (de septembre au 15 janvier), puis déterrage pendant les périodes complémentaires complètes (du 15 mai à l'ouverture de la chasse en septembre).   

Par ailleurs, si le projet précise que les veneurs doivent relâcher les blaireautins non-sevrés, dans les faits on sait que c'est évidemment bien plus compliqué : acculés sous terre, mordus par les chiens introduits dans les galeries, les petits meurent régulièrement de morsures ou de stress… Et de toute manière – c'est d'ailleurs l'un des arguments retenus par le juge pour suspendre l'arrêté – les chasseurs ont pour interdiction de tuer les petits de tous mammifères sont la chasse est autorisée (article R. 424-5 du code de l'environnement). Qu'ils soient sevrés ou non, les blaireautins sont considérés comme des "petits" non autonomes, c'est à dire qui incapables de survivre seuls sans dépendance de leur mère. 

Le juge note par ailleurs l'absence de données apportées par le préfet (autant sur les populations de blaireaux que sur les dégâts provoqués) qui justifieraient de prendre des "mesures de régulation complémentaires" de l'espèce.

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Photo d’en-tête : © F. Cahez