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Victoire contre la chasse de deux oiseaux menacés en Martinique !
Après avoir fait suspendre la chasse du pigeon à cou rouge et du moqueur corossol en 2025, l’ASPAS et ses partenaires* ont obtenu, un an plus tard, l’annulation définitive de l’arrêté préfectoral litigieux qui s’appliquait à la Martinique pour la saison 2025-2026. Une belle victoire pour ces deux oiseaux menacés !
L'arrêté attaqué par nos associations autorisait la chasse d'un maximum de 12 000 pigeons à cou rouge et 350 moqueurs corossols. Dans sa décision rendue le 5 août 2026, le tribunal administratif de la Martinique accède à notre demande d'annulation en estimant que le préfet aurait dû s'abstenir d'autoriser la chasse de ces deux espèces eu égard de leur statut préoccupant sur l'île :
S'agissant spécifiquement de la Martinique, l'espèce est classée […] dans la catégorie « quasi-menacée », avec une tendance d'évolution inconnue, ce qui implique un risque de disparition si des mesures spécifiques ne sont pas prises. Si le préfet de la Martinique et la fédération départementale des chasseurs de la Martinique font valoir qu'en partenariat avec l'association Caribaea initiative, une campagne de collecte de données a été initiée entre octobre 2023 et septembre 2024, il ressort des premiers résultats de cette campagne que la tendance d'évolution des effectifs de pigeons à cou rouge sur le territoire de la Martinique ne peut être connue avec certitude, et que de nouvelles analyses statistiques s'imposent, afin d'avoir une vision précise des effectifs présents. Dans ces conditions, les associations requérantes sont fondées à soutenir, compte tenu des données scientifiques disponibles sur l'espèce et sa conservation sur le territoire de la Martinique, que les mesures prises par le préfet de la Martinique, à savoir la limitation du nombre de jours de chasse, et la fixation d'un quota maximal de 10 prélèvements par jour par chasseur et d'un quota maximal global de 12 000 prélèvements sur l'ensemble de la saison, ne présentent pas de caractère suffisant pour assurer le maintien de la population et que le préfet de la Martinique a, ainsi, entaché l'arrêté attaqué d'erreur manifeste d'appréciation.
S'agissant du moqueur corossol (margarops fuscatus), il ressort des pièces du dossier que, si l'espèce est classée, dans la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature, dans la catégorie « préoccupation mineure » au plan mondial, elle est, en revanche, classée dans la catégorie « quasi-menacée » sur le territoire de la Martinique, avec une tendance d'évolution inconnue, ce qui implique un risque de disparition si des mesures spécifiques ne sont pas prises. L'étude de Marion Renaud, produite par les associations requérantes, confirme également que l'espèce a connu une forte diminution de ses effectifs en Martinique. […]. Dans ces conditions, les associations requérantes sont fondées à soutenir […] que les mesures prises par le préfet de la Martinique, à savoir la limitation du nombre de jours de chasse, et la fixation d'un quota maximal de 3 prélèvements par jour par chasseur et d'un quota maximal global de 350 prélèvements sur l'ensemble de la saison ne présentent pas de caractère suffisant pour assurer le maintien de la population et que le préfet de la Martinique a, ainsi, entaché l'arrêté attaqué d'erreur manifeste d'appréciation.
Par ailleurs, le tribunal a estimé que le préfet n'était pas lui-même compétent pour définir les dates d'ouverture et de fermeture de la chasse aux oiseaux d'eau et de passage, cette compétence relevant du ministère de l'Ecologie. L'arrêté est donc annulé non seulement en ce qu'il avait autorisé la chasse du pigeon à cou rouge et du moqueur corossol, mais aussi en ce qu'il avait autorisé la chasse de nombreux autres oiseaux : le pluvier bronzé, le bécasseau à poitrine cendrée, le bécasseau à échasses, le chevalier semipalmé, le grand chevalier à pattes jaunes, la bécassine de Wilson, la sarcelle à ailes bleues, le dendrocygne à ventre noir, le fuligule à collier et le petit fuligule.
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* L’association des mateurs amicaux des z’oiseaux et de la nature aux Antilles (AMAZONA), l’association pour l’étude et la protection de la vie sauvage dans les petites Antilles (AEVA) et l’association pour la sauvegarde et la réhabilitation de la faune des Antilles (ASFA)
Photo d’en-tête : Adrien Chateignier / CCO